Presse 2006 (p2) / Paris-Nice

Publié le par Tiphaine

71 PARIS-NICE   /   PROLOGUE et ETAPE 2


Prologue
/ Nicolas le 1er sur la rampe de départ

2ème étape
 
/
 + DE 185 kilomètres d'échappées, seul en tête.


UNE BELLE AVENTURE 

" Paru dans l'Equipe, le 8 mars 2006 " --  C'EST LE CHARME du vélo. Nicolas CROSBIE était un anonyme du peloton. Il a su se détacher de sa condition pour vivre une belle aventure tout au long de la journée et son nom est même connu maintenant de Tom BOONEN !

Ce n'était pas seulement une de ces échapées immanquablement vouées à l'échec, et qui sert juste à montrer le maillot, celui d'Agritubel, l'unique équipe Continental Pro du peloton de Paris-Nice. A sa façon, elle fait ainsi savoir qu'elle est pleine d'enthousiasme à l'idée de découvrir cette année le Tour de France, pour lequel elle est fraîchement sélectionnée.

Rappel / CROSBIE, pro de deuxième année, avait déjà suggéré deux ou trois petites choses intéressantes en début de saison :  au Tour Méditerranéen, où il avait été rejoint au pied du Faron.  /  * A Laigueglia (17è) en compagnie relevée,   /  * dans le sélectif  Tour du Haut Var, où l'on avait noté sa présence dans le premier peloton, ce qui est tout de même significatif d'une certaine capacité à passer les bosses.

Dans l'équipe Agritubel, on espèrait ainsi qu'l soit une " bonne surprise " de  ce Paris-Nice, où on voyait capable de décrocher une petite place au général. Pour une surprise, avec pas loin d'une demi-heure d'ance (27' 30'', km 81) qui lui laissa longtemps espérer l'étape, et peut-être un peu plus.....  Il ne fallait pas avoir froid aux yeux pour se lancer seul à l'attaque dès le premier kilomètre d'une étape longue '200 km), casse-pattes au possible et même carrément dure sur la fin, dans les Monts du Beaujolais, où il ne fait pas chaud. Les Quick Step de Boonen avaient prévenu qu'il n'avait guère envie de se mettre la pression tous les jours, alors que le Champion du monde estimait avoir déjà rempli son contrat en gagnant la première étape, à Saint-Amand-Montrond. Et qui donc, parmi les autres équipes de sprinteurs, prendrait l'initiative de le poursuivre, si c'était pour amener l'implacable Belge dans un fauteuil ? Devant, Nicolas compte encore environ 10 minutes au col des Echarmeaux, à 40 km de l'arrivée, mais il perd beaucoup de temps dans la Côte des Rochettes à 25 kilomètres du but où il ne compte plus que 3' 43'' d'avance.

BOONEN ENCORE -- Nicolas conserve moins d'une minute au Col du Fût d'Avenas, à 19 km de l'arrivée, alors que la fin de course est essentiellement en descente. Il est rejoint à 14 km de l'arrivée. Son échappée en solitaire est terminée !!
 

 
EXTRAIT télé de 9min sur la très grande et longue échappée en solitaire de Nicolas CROSBIE !!
= Lors du PARIS-NICE
2006 -- 1ère partie !
EXTRAIT télé de 12min sur la SUITE de son échappée !!
= PARIS-NICE
2006 -- 2ème partie !
 
EXTRAIT télé de 14min sur la SUITE de son échappée !!= PARIS-NICE 2006 -- 3ème et dernière partie !
 

VOICI QUELQUES TEMPS, par rapport au peloton !  -- * A 76 km de l'arrivée : 25min20  /   * A 27,6 km de l'arrivée : 9min14  /  * A 26,7 km de l'arrivée : 8min05   /  * A 25,4 km de l'arrivée : 6min57  /  * A 24,2 km de l'arrivée : 5min28  /   * A 23 km de l'arrivée : 3min43  /     * A 22,8 km de l'arrivée : 3min20    /  * A 19,5 km de l'arrivée : 2min25   /  * A 17,8 km de l'arrivée : 33sec.

 
 



CROSBIE EN SOLITAIRE

"Paru dans l'Equipe, le 8 mars 2006 " --  L'equipe Agritubel est passé de l'ombre à la lumière. Sans gagner pour autant.
ON AURA VU QUE LUI -- Petit bonhomme vert solitaire, crapahutant sur les monts du Beaujolais saupoudrés de neige. Nicolas CROSBIE, bientôt 26 ans, envolé au kilomètre1, repris 185 kilomètres plus loin. Une belle histoire, à laquelle tout le monde a cru. Sauf lui, peut-être?  Nicolas -- " Je voyais les écarts se creuser. Je me faisais des films : et si j'arrivais à gagner ? Et si j'arrivais à prendre le jaune ? Et puis, ce n'est pas possible. C'est trop gros pour moi. Je dois d'abord faire mes preuves dans des petites courses. Je suis un coéquipier avant tout, pas un leader."

Le petit gars de Niort, élevé au bon grain de Loudun 86 pendant deux ans, avant de passer pro l'an dernier (en 2005) chez Agritubel, s'est donc borné à pédaler hier. Sans trop se poser de questions . Nicolas -- " J'étais très concentré. Dans ces cas-là, on pense à tout et à rien." Il affichait une modestie désarmante peu après l'arrivée. De la pudeur ausi, alors qu'on l'avait vu franchier la ligne, seul et en pleurs, une minute et trente secondes derrière le peloton. Nicolas -- " Je suis content pour l'équipe." Tels était les premiers mots d'un aventurier singulièrement altruiste, incapabe dans un premier temps de parler de lui même, de son exploit. " Notre but, sur ce Paris-Nice, était de prouver qu'Agritubel avait mérité son invitation pour le Tour, bien qu'on soit une équipe Continent Pro." , poursuivait-il. 

Le maillot de mailleur grimpeur qu'il venait d'endosser agissait comme un baume. Mais son visage creusé témoignait une longue et âpre cavalcade. CROSBIE se rémémorait le moment où il a laché prise. Nicolas -- " A 25 kilomètres de l'arrivée, j'ai eu une fringale. J'ai mangé, juste pour rester éveillé et esssayer d'attraper les différants paquets qui m'ont dépassé un

peu plus tard. En plus, mon oreillette était tombée en panne depuis un bon bout de temps."

CROSBIE était aussi seul qu'isolé. Les encouragements rageurs de son directeur sportif, Denis LEPROUX, " le palpitant à bloc toute la journée ", s'évaporant dans l'air glacial.

Et dire que tout était parti d'une plaisanterie avec son compagnon
de chambre Christophe LAURENT, échappé lui aussi la veille entre Villemandeur et Saint-Amand-Montrond.
  Nicolas --  " Je l'ai chambré lundi soir. Je lui ai dit que je ferait mieux que lui, que je serais capable de prendre le maillot à pois."

Nicolas --" J'ai obtenu 90% de mes victoires chez les amateurs en m'échappant. Je suis un baroudeur. Cette année, j'étais déjà parti seul au Qatar et au Tour Med.,
mais j'ai toujours manqué de réussite."

PAROLE de son directeur sportif Denis LEPROUX -- " Nicolas ?  Discret dans la vie mais battant sur le vélo."  " C'est une petite déception pour nous, pour lui. Mais c'était une grande journée."

 

 


"Paru sur Eurosport L.V, le 7 mars 2006 " --   NICOLAS, HEROS MALHEUREUX

Echappé dès le premier kilomètre, Nicolas Crosbie a cru signer une victoire tonitruante mardi lors de la 2e étape de Paris-Nice. Nanti d'une avance plus que confortable, le Français de l'équipe Agritubel a malheureusement explosé dans le final.

30 MINUTES -- Nicolas Crosbie a compté près de 30 minutes d'avance sur le peloton mardi sur la route de Belleville. C'est plus qu'il n'en fallait pour signer la première victoire de sa carrière. Inlassable attaquant, le Niortais n'en était pas à son coup d'essai cette saison. Depuis le début de l'année, on l'avait vu à l'avant sur le Tour du Qatar ou le Tour Méditerranéen. Sans réussite. Cette fois, la chance était de son côté, le peloton ayant décidé de ne pas rouler.

Le peloton, c'est-à-dire les Quick Step de Tom Boonen. Le champion du monde avait prévenu: il n'avait pas l'intention d'user plus que de raison ses troupes pour une étrape au profil trop escarpé pour assurer une arrivée au sprint. "Aujourd'hui, on n'a pas reçu de soutien", a expliqué Boonen qui a fait part de sa surprise. "Les autres se sont comportés comme des fainéants! Nous, on fait 25.000 kilomètres en tête du peloton pendant l'année. Après tout,

on n'a pas pour but ici de contrôler la course ", clame le maillot jaune.


FATALE FRINGALE

Une aubaine pour Crosbie, qui tenait enfin la chance de sa vie. A une trentaine de kilomètres de la ligne d'arrivée, son avance tutoyait encore la barre des dix minutes. Si bien que Denis Leproux pouvait presque commencer à savourer sur notre antenne.

Agé de 26 ans, mais seulement dans sa deuxième saison professionnelle, Crosbie n'avait effectivement pas encore été récompensé de son audace.

PAROLE de son directeur sportif Denis LEPROUX -- "Nicolas est parti pratiquement dès le départ et le peloton n'a pas réagi. Maintenant, il faudrait fallu une grosse fringale pour ne pas aller au bout". "Je suis content pour lui, ce n'est que justice. Il lui manquait toujours un petit quelque chose pour aller " --- "C'est un garçon très complet, bon rouleur et pas mauvais grimpeur, poursuivait alors Leproux. Surtout, il a beaucoup de tempérament et il le montre aujourd'hui. Dans le cyclisme, vous pouvez attaquer neuf fois sans connaitre de réussite. Et la dixième, ça paie". Sauf que... l'audace devient vite impuissante quand le corps ne suit plus.


Aussi rapidement qu'elle avait grimpé en début d'étape, l'avance de Nicolas Crosbie se mit à fondre comme neige au soleil. La fringale le tenait. En 10 kilomètres, il perdit presque autant de minutes. Nicolas -- " J'ai fait une fringale à 25 kilomètres de l'arrivée, explique le Français. J'ai mangé toute de suite mais il était trop tard. Je n'avais plus rien dans les jambes. C'est dommage, car j'y ai cru." S'il est bien monté sur le podium, ce n'est pas pour célébrer sa victoire ou le maillot jaune de leader, mais juste pour revêtir celui du meilleur grimpeur. Pas sûr que cela ait suffi à adoucir sa déception...

 
"Paru sur Sport.fr le 7 mars 2006 " --
Nicolas Crosbie a failli connaître son heure de gloire. Le modeste coureur de l'équipe Agritubel, échappé dès le premier kilomètre, n'a en effet été repris que 187 kilomètres plus tard après une échappée fleuve, à 13 kilomètres de l'arrivée. Une issue cruelle pour le Niortais tandis que Tom Boonen, bien au chaud toute la journée, s'est contenté de produire son effort dans le final. Là, il a surclassé ses adversaires pour enlever sa deuxième étape et asseoir son avance au général.

Crosbie, héros malheureux.


Il ne restera à Nicolas Crosbie que quelques beaux souvenirs. Les souvenirs d'une froide journée de mars au cours de laquelle il aura tenu en respect le peloton de Paris-Nice, 187 kilomètres durant. A 26 ans, le Vendéen, passé pro sur le tard, en 2005, a été tout près en effet de connaître le sommet de sa carrière. Parti à l'aventure dès le premier kilomètre, sans se poser de questions, à la manière d'un Jacky Durand, Crosbie aura été l'auteur d'un sacré numéro tandis que le peloton avait visiblement d'autres chats à fouetter.

Laissé libre de ses mouvements, le Français, beau-frère de Franck Bouyer, ne s'est pas endormi et en a profité pour montrer le maillot de l'équipe Agritubel, retenue il y a quelques jours par les organisateurs du Tour de France pour participer à la grande fête de juillet. Des organisateurs, les mêmes que ceux de Paris-Nice, qui se disaient certainement que leur choix avait été judicieux devant l'enthousiasme et la générosité de ce coureur de l'ombre qui, pour une fois, aura été dans la lumière presque toute la journée. Un coureur qui appuyait sur les manivelles sans compter au point de se retrouver avec déjà une vingtaine de minutes d'avance après 42 kilomètres !

A BOUT DE FORCES......

Au kilomètre 81, l'écart était à son zénith, quasiment 28 minutes ! Mais il était encore bien trop tôt pour songer à la victoire dans une étape longue de 200 kilomètres. Crosbie poursuivait ainsi son effort tandis qu'à l'arrière on commençait enfin à se réveiller. Deux coureurs de Cofidis, Thierry Marichal et Ivan Parra, se décidaient en effet à partir en contre et allaient compter jusqu'à trois minutes d'avance sur le peloton au kilomètre 130. Mais Parra se relevait bien vite et Marichal devait attendre le secours d'Aïtor Osa (Liberty Seguros) et Johan Van Summeren (Davitamon). Les trois hommes restaient néanmoins à bonne distance du coureur de tête et étaient finalement repris par le paquet dans la descente du col des Echarmeaux.

Un col dont l'ascension était bien plus pénible pour l'homme de tête que pour le peloton et, la fatigue aidant, Nicolas Crosbie voyait son avance fondre à la vitesse grand V. Les onze minutes d'avance qu'il comptait encore au kilomètre 160 n'étaient plus que sept minutes à 25 kilomètres de l'arrivée et le Fût d'Avenas, dernière difficulté du jour, située à 19 kilomètres de Belleville, allait être fatal au fuyard, lequel avait déjà connu pareilles mésaventures cette saison sur le Tour du Qatar et sur le Tour Med. A bout de forces, victime d'une fringale, Crosbie était repris sans un regard par Samuel Dumoulin (Ag2r) et Andriy Grivko (Milram), partis en contre. L'aventure de Nicolas Crosbie, au lendemain de celle de Stéphane Augé et Christophe Laurent, démontre en tout cas toute la bonne volonté des coureurs français. Les Tricolores ont du coeur et leurs efforts finiront bien par payer aussi sur les grandes courses.


                 
 NICOLAS CROSBIE, lors des étapes 3 et 4 de Paris-Nice... Et porteur du maillot à pois !

Smileys Bravo 30


  Résultats 2006

Publié dans Saison 2006

Commenter cet article