Article par dans la Nouvelle
République, le 23 mai 2010
Les vignes du Haut-Poitou ont inspiré l'ancien pro, qui a fait la course en tête, avant de placer
l'accélération victorieuse à l'approche du dernier tour.
Puncheur-grimpeur, habitué des longues échappées et, avec modération, amateur de bons vins, Nicolas Crosbie était un
candidat désigné pour la victoire à Marigny. D'autant plus que le scénario, c'est quasiment lui qui l'a écrit, à la pédale. Auteur d'un démarrage phénoménal et profitant de la mésentente des
hommes forts du final, Perrocheau et Pétilleau en tête, il s'est ensuite offert un dernier tour tout en puissance, résistant à un éventuel retour. Comme un tour d'honneur ponctuant une course
dans laquelle il a été le plus présent. Un Crosbie-show.
Patanchon, Sartis, Perrocheau, prétendants éconduits
Car sa journée a été longue. Une fois n'est pas coutume, la première échappée comptait déjà des prétendants à la victoire : Belgy (OCP), Cornu (Vendée U), Perrocheau (Civray) et donc Crosbie.
L'entente entre les quatre hommes était bonne et l'écart a enflé rapidement pour passer les deux minutes, avant que le peloton ne commence à reprendre la main, sous les coups de pédale de
Marmande, Vendée U ou encore Sud-Gascogne. Au fur et à mesure, les renforts rentraient par l'arrière, et le quatuor se retrouva alors à 26. C'était trop, bien entendu, pour jouer la gagne,
d'autant plus que le peloton pointait à 1' de retard peu après Neuville. Les coups de bordures brassaient alors les deux groupes, les intercalés recollaient, et à l'approche du tourniquet
final, les noms de favoris remontaient : Patanchon, Duret, Kushlev, Desniou, Sartis... « Tout le monde s'est alors mis à courir comme des cadets » constate Guillaume Belgy. Attaques,
contres, changements incessants en tête, tout y passait. Jusqu'à la sortie explosive de Nicolas Crosbie, à l'approche de l'ultime tour. Pourtant, les hommes dangereux étaient tous là, hormis
les Tourangeaux de Saint-Cyr (Clain, Herbreteau), à l'affût dans le peloton. Fabien Patanchon, champion d'Europe à l'Américaine, Yvan Sartis, ou encore Gildas Duret, sans oublier les locaux du
Cycle Poitevin, autant de prétendants éconduits. La réaction était trop faiblarde derrière pour inquiéter le deux-sévrien, qui n'avait plus qu'à gérer. Les poursuivants, battus, n'avaient plus
qu'à jouer la deuxième place, que Perrocheau remportait devant Pétilleau.
Nicolas Crosbie, arrivé quelques dizaines de secondes auparavant, savourait déjà sa première victoire de la saison.
Parole de Nicolas Crosbie (Mosaïc Diffusion Top 16), vainqueur : « Nous sommes sortis rapidement à quatre, après quelques kilomètres seulement. J'ai usé beaucoup de force et je ne
pensais pas aller jusqu'au bout. Finalement, je suis resté devant. Comme ça, je ne me suis pas fait piéger. Je suis content de cette victoire pour mon équipe. Elle remotive mes coéquipiers. Il
va falloir confirmer cette bonne prestation aujourd'hui pour le Grand Prix de Montamisé. »
Willy Perrocheau (C.A Civray), deuxième
: « J'ai toujours fait parti des six ou sept hommes de tête. Je ne me rappelais plus que la fin du parcours, dans les bois, était si raide. Quand Nicolas Crosbie a attaqué, nous
nous sommes tous regardés, dans le groupe de tête, sans y croire. Personne ne lui a réemboité le pas. Si je l'avais suivi au sprint, je pense que j'aurais pu avoir ma chance de remporter cette
course. »
Julien Pétilleau (Océane Cycle Poitevin), troisième : « Je n'étais pas très bien pendant les 80 premiers kilomètres. Mes jambes étaient lourdes. Je me suis ressaisi pour
partir dans le bon groupe de poursuivants. Nous avons rattrapé les coureurs échappés. Reprenant de plus en plus mes forces, je suis sorti au bon moment. Nicolas Crosbie a attaqué au bon moment.
On ne pouvait pas revenir sur lui. J'espère faire quelque chose aujourd'hui à Montamisé en obtenant une aussi bonne place et, pourquoi pas, une meilleure. »
Gildas Duret (C.A Civray) septième : « J'ai roulé pratiquement toujours devant. Le niveau était très relevé. Puis, le final du parcours est très sélectif, peut être un peu
trop pour moi. J'ai placé une attaque à deux tours de la ligne d'arrivée : trop tôt. Je suis déçu de terminer si loin du podium, et aussi fatigué par cette éprouvante course.
»
Superbe prestation de l'ancien pro de Bouygues, qui a réalisé une course quasi parfaite pour s'adjuger la victoire, malgré une
sérieuse concurrence.
Article par dans la Nouvelle République, le 24 mai
2010
Parole de Nicolas Crosbie (Mosaïc Diffusion Top 16),
vainqueur : « Je suis resté devant pendant toute la course. Le vent et les premières chaleurs m'ont
compliqué la tâche. J'ai attendu avec i impatience la bosse de l'arrivée pour attaquer. Stratégie payante
puisque les autres coureurs n'ont jamais pu me rattraper. Cette victoire fait du bien au moral, aussi bien personnel que celui de l'équipe. Ce résultat en
appelle d'autres. »
Il n'avait toujours pas inscrit de
victoire à son palmarès 2010. Un peu à l'image de sa nouvelle équipe, Mosaïc Diffusion Top 16, le succès se faisait rare, malgré de bonnes sorties et quelques places d'honneur. La situation
s'est inversée samedi après-midi, lorsque Nicolas Crosbie a placé une accélération fulgurante à l'approche du dernier tour, terminant en solitaire une épreuve qu'il avait commencé en petit
comité.
Il n'avait pas envie de se mêler à la foule. Déjà au départ, il discutait un peu à part du peloton avec Pierre Rousseau. Et à peine sorti de Marigny, il prenait la poudre d'escampette avec
trois solides compagnons : Guillaume Belgy le champion régional, Jérémy Cornu (Vendée U), et Willy Perrocheau, l'autre héros de cette longue journée. En petit comité, le groupe a pris ses
distances, au point de donner des envies aux autres coureurs coincés dans un peloton mené tour à tour par les Vendée U, Sud-Gascogne ou encore Marmande.
DEMARRAGE BRUTAL --
En coureur expérimenté, Nicolas Crosbie dut se résoudre à laisser ses envies de solitudes de côté, du moins pendant quelques dizaines de kilomètres. Le petit groupe grossit alors pour atteindre
la taille bien trop importante de 26 coureurs, tandis que le peloton semblait peiner à recoller. Mais à l'approche des petits tours, il a fallu tout effacer, et tout recommencer. Des hommes
solides, qui étaient jusqu'alors bien cachés, faisaient leur apparition, tel Duret (Civray), Patanchon (Sud Gascogne), Mortensen (Team Bonnat), Sartis (Sablé), tandis que Vendéens et Poitevins
plaçaient à chaque attaque un homme dans la roue.
Mais à Marigny, le circuit final est quasiment une autre course. Pour Crosbie, pas question de se griller au soleil, surtout après les efforts consentis précédemment. Place désormais à la
gestion, en prenant bien garde de rester toujours proche de la tête. Patanchon tenta sa chance en solo, mais il ne pu aller bien loin seul. En revanche, le duo Perrocheau-Pétilleau semblait
bien capable de partir à deux avant de régler la victoire au sprint. A condition de s'entendre. Et Crosbie n'a pas eu envie d'attendre que le Civraisien et le néo-Poitevin se mettent sur la
même longueur d'onde. Il démarra brutalement, et personne ne pris sa roue. L'écart tutoya la minute sans jamais l'atteindre, mais c'était suffisant pour que Nicolas apprécie la solitude. Celle
du vainqueur passant la ligne d'arrivée les bras levés.
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